Visiblement, ils se sont perdus en chemin.
Le Champ de Mars recouvert de citrouilles pour Halloween semble bien loin.
Histoire d’un désamour.
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Normal, en France, la fête n’a pas la cote. Il ne reste guère que Cauet, des animateurs de centre de loisirs ou Disneyland Paris pour promouvoir le 31 octobre.
Même les supermarchés, pour qui le créneau marketing était une aubaine, semblent avoir baissé les bras.
Les décorations orange et noir, persistantes en 2006, ont cette année complètement disparu des magasins.
En accaparant médias et vitrines, la Coupe du monde de rugby a certainement donné le coup de grâce à une fête déjà agonisante.
La recette gagnante ?
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La première génération élevée aux sitcoms et autres ‘Buffy contre les vampires’ a 13-14 ans. Depuis le biberon, ils suivent les déboires de leurs héros au quotidien et apprécient les trames spéciales créées par les scénaristes pour les épisodes de Noël, Thanksgiving ou Halloween. Ces fictions américaines ont convaincu les femmes les plus athées de se marier à l’église pour avoir la robe blanche et dire “Je le veux” comme dans les comédies romantiques. Pourquoi n’arriveraient-elles pas à nous faire fêter Halloween ? Après tout, jouer à se faire peur ravit n’importe quel adolescent. Et à ceux qui diraient qu’Halloween est une fête purement américaine, on répond que ses origines se trouvent en Europe.
Astérix et les morts-vivants
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La citrouille ne devient pas carrosse
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Un accueil mortel
Mais importer purement et simplement une célébration qui n’est pas dans nos moeurs semble pratiquement impossible. Car la réussite d’une fête réside dans le consensus qui l’entoure. Noël ne serait pas Noël si tout le pays ne se mettait pas aux couleurs de la fête. Peu importe que la célébration ait des racines françaises ou non, le pays, athées et agnostiques y compris, fête Noël. Cela prouve bien que la pertinence d’une fête ne dépend pas de ses origines ou de sa justification.
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En ce qui concerne Halloween, seul le bonhomme Haribo peut vous en vouloir d’oublier le 31 octobre et il n’arrive pas franchement à nous faire culpabiliser comme une mamie… Certains catholiques vont jusqu’à considérer le concept d’Halloween comme scandaleux. Se déguiser pour exiger des bonbons la veille de la Toussaint leur apparaît un culte des défunts inapproprié. Pour le collectif “Non à Halloween”, la fête introduit les enfants dans un monde sinistre, les incitants à singer la mort plutôt qu’à la considérer comme sacrée. De la même manière que les romans ‘Harry Potter’, elle les détournerait des valeurs essentielles et peut, à terme, les pousser au suicide ou à des pratiques occultes telles que le satanisme et la sorcellerie. Une vision marginale ? Pas tant que ça. Le diocèse de Paris organise même depuis quelques années un “Holy wins” - “La sainteté gagne” - le jour d’Halloween. La contre-fête rencontre un certain public. Même si ce rejet d’Halloween par les croyants n’a pas été déterminant dans l’échec de l’implantation de la fête en France, il y a certainement contribué.
En 2006, Le Monde titrait : “Halloween quasi enterré”, Libération “Halloween boit le bouillon” et Le Parisien un tout aussi optimiste “Halloween est mort”. Cette année, plutôt que dénigrer la fête, ils ne l’évoquent même pas. Il y a des signes qui ne trompent pas. Halloween est cette fois définitivement morte. Et sa disparition ne hantera personne.










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