Une mission humanitaire lancée par la France est
partie ce mercredi en Colombie pour tenter d'atteindre Ingrid Betancourt.
Une opération délicate et sans garantie de succès, alors que la famille de l'otage lançait un appel pressant au chef de la guérilla des Farc.
Cette mission a été lancée au lendemain du nouvel appel solennel de Nicolas Sarkozy pour que la guérilla marxiste libère l'otage franco-colombienne, détenue depuis 6 ans, que le chef de l'Etat a
décrite en "danger de mort imminente". si le premier ministre et le
président de la République française souhaitent accorder un droit de séjour aux FARC, cela relève de leur pouvoir régalien.
Comme le souligne l’association France Terre d’Asile, connue pour sa lutte en faveur du droit d’asile et contre les discriminations, il en va tout autrement du statut de réfugié, qui est fondé sur la Convention de Genève de 1951.
C’est à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), établissement public indépendant, et à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), juridiction également indépendante,
d’en étudier le bien fondé avec à l'appui une définition précise concernant le statut de
réfugié.
Ce terme s’applique à toute personne qui « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de
ses opinions politiques, qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou ne veut, du fait de cette crainte, se réclamer de la protection de ce pays… » (Convention de
Genève, 1951, Art. IA2)
France Terre d'Aasile rappelle également qu’il existe dans la Convention de Genève un article IF qui prévoit que « les
dispositions de cette Convention ne seront pas applicables aux personnes dont on aura de sérieuses raisons de penser :
a) qu’elles ont commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l’humanité, au sens des instruments internationaux élaborés pour prévoir des dispositions relatives à ces
crimes ;
b) qu’elles ont commis un grave crime de droit commun en dehors du pays d’accueil avant d’y être admises comme réfugiés ;
c) qu’elles se sont rendues coupables d’agissement contraires aux buts et aux principes des Nations unies. »
Ce qui est discutable, c'est que la France propose publiquement, par la voix de son premier ministre, d’accueillir sur le
territoire national des membres des FARC et de leur accorder le statut de réfugié : il en résulte une adéquation des propos tenus par Mr FILLON avec la Convention
de Genève.
De plus, je reste très circonspecte face aux agissements de la France dans ce dossier colombien au combien explosif _ qui sent la poudre ( ok, mauvais jeu de mot pour un pays
comme la Colombie ) _ compte tenu des imbroglio politico-sentimentaux des participants.
Voir à ce propos ma note de novembre 2007 Et une
deuxième de décembre 2007
En effet, on apprend que l'avion sanitaire destiné à sauver Ingrid BETANCOURT a décollé de l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris avec à son bord un diplomate, Daniel
Parfait, directeur des Amériques et des Caraïbes au ministère des Affaires étrangères, et Noël Saez, ancien consul de France à Bogota, selon une source proche du
dossier.
M. Parfait, qui a été ambassadeur en Colombie, est le beau-frère d'Ingrid
Betancourt...
"A moins qu'il n'ait le don d'ubiquité, Daniel Parfait n'a pas pris l'avion pour Bogota puisqu'il est avec moi à Paris", a
affirmé à l'AFP son épouse, Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne, sans fournir plus de précisions.
Je ne vous conseillerai trop de
lire l'ouvrage de Jacques THOMET sur cette rocambolesque épopée... risible si malheureusement il n'y avait en jeu les vies de 3000 otages, outre Mme BETANCOURT.
Une question reste à ce jour sans réponse pour moi : que fait la communauté internationale pour sauver l'ensemble des otages qui n'a malheureusement pas de "connaissance" dans le monde politique
?
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