le piège de la télévision Belge ...

Publié le par Isabelle

 

Mercredi soir, les programmes de la Une , la première chaîne du service public belge francophone, ont été interrompus par la diffusion d’une émission spéciale annonçant que la Flandre avait déclaré son indépendance. Cela signifiait donc la fin de la Belgique comme on la connaît aujourd’hui. Seulement voilà, il s’agissait d’un docu-fiction que personne n’attendait. La stupéfaction a donc gagné l’ensemble du pays.

 

 

Sur le plateau du journal télévisé et durant près de deux heures, le titulaire habituel du 19h30, François de Brigode, a présenté des reportages, recueilli des témoignages de politiciens et des cris de joie d’indépendantistes ou encore invité les téléspectateurs à régir via une ligne téléphonique spéciale.

 

Des envoyés spéciaux étaient en outre postés en différents endroits stratégiques du pays, comme le Palais Royal, le Gouvernement fédéral, le parlement wallon,… et y présentaient des informations très crédibles, parfois en compagnie de spécialistes et politiciens. D’après la R.T .B.F., le Roi avait alors quitté le pays et s’était réfugié à Kinshasa…

 

 

Durant les premières minutes de l’émission, aucune indication n’est apparue à l’écran pour préciser qu’il s’agissait d’une fiction et de nombreux téléspectateurs (89% d’après un sondage express réalisé à l’issue de l’émission) ont cru à ce qu’ils voyaient à l’écran et les réactions ont été vives, tant chez les téléspectateurs que dans le monde politique, indigné par la programmation d’une telle émission sur le service public.

 

 

Après l’émission, clôturée par une simulation de l’effondrement du bâtiment de la RTBF , l’auteur du reportage a expliqué sa volonté de mettre les pieds dans le plat et de vouloir susciter le débat en profitant de l’impact important des fictions. Jean-Paul Philippot, administrateur général des chaînes publiques, a pour sa part expliqué que ce « scénario » avait été imaginé par l’ensemble des journalistes de la chaîne. « Le documentaire de fiction, la mise en scène d’éléments probables et réels nous permet de nous projeter dans les jours d’après ». « C’est un problème qui concerne tout le monde et c’est cela que nous voulions mettre en exergue » a-t-il expliqué. « Il ne s’agit pas d’un canular, mais d’une fiction. Nous ne pouvons parler du futur et des conséquences d’une décision que si nous nous projetons dans le futur. Cette fiction a fait réagir vivement les citoyens. Nous nous excusons pour l’émotion de chacun. Celle-ci n’est pas perdue puisqu’elle suscite maintenant le débat ».

 

 

La ministre belge de l’audiovisuel va demander qu’une enquête interne soit effectuée au sein de la RTBF au sujet de cette émission.

Publié dans Actualité des médias

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Fred 16/12/2006 13:41

ah oui quand même ......