Que s'est il passé entre Ségolène Royal et Télérama ?

Publié le par Isabelle

C'est une rumeur qui circulait dans Paris depuis plusieurs jours.

Le magazine Télérama avait eu quelques difficultés à parler culture avec la candidate PS.

Le magazine avait souhaité interroger tous les candidats à l'élection sur ce thème...

Ce matin, le magazine Télé, que l'on ne peut pas soupçonner d'être à droite (!), raconte les coulisses d'une interview avec Ségolène Royal, pas comme les autres...

Extraits
 
Mercredi 23 janvier à 14h30. Ségolène Royal, acte 1.

Assemblée nationale. Sur un bureau, un fascicule, « Réussir un débat participatif », une pile de livres d’où dépasse un Ushuaïa. La députée candidate arrive, sourire et maquillage forcés, façon plateau de télé : « C’est pour quoi ? Pour qui ? » S’inquiète : « Mais vous n’avez pas envoyé vos questions avant ? » Prévient : « Je n’ai pas beaucoup de temps, je dois me recueillir sur la dépouille de l’abbé Pierre. » Propose : « On m’a fait une note, je vais vous la donner. » Pas de chance, le journaliste veut son avis à elle, pas celui de ses conseillers. Son directeur de cabinet s’insurge : « Mais il y a trop de questions ! » Ségolène Royal arrache la feuille des mains de l’émissaire de Télérama : « De quoi avez-vous peur ? », proteste celui-ci. « Quand on est candidate à la présidence de la République, on n’a peur de rien », réplique-t-elle. Elle n’a pas peur, donc, mais pas de temps... « Revoyons-nous. » Serrage de mains. Sourire.
 
Vendredi 2 février. 11h45. Ségolène Royal, acte 2.
Après le premier entretien, la rumeur a fait le tour de Paris. Et prend des dimensions grotesques. On entend que « Ségolène a déchiré les notes » du journaliste de Télérama. Mieux : « elle l’a giflé ! » Il nous revient aussi que Sarkozy et Bayrou ont réussi leurs interviews, ce qui nous fait plaisir, vu que nous ne sommes pas encore parvenus à les rencontrer.
Les collaborateurs de Ségolène Royal ont demandé une seconde chance. La candidate arrive à la rédac­tion de Télérama avec deux voitures, une poignée de collaborateurs, une veste rose bonbon, le même maquillage « télé » que la première fois et son sourire. Fait consciencieusement le tour des bureaux, serre toutes les mains, s’assoit, tendue. « Je n’ai pas forcément réponse à tout », prévient-elle. Elle n’ouvre pas le dossier vert posé devant elle pour parler de sa priorité : la démocratisation de l’accès à la culture, « qui empêche le repli sur soi, le racisme, les violences ». Développer la pratique artistique à l’école, décentraliser, instaurer la gratuité des musées... Et tout ça ne coûte pas cher « puisque la culture produit de la valeur ajoutée, économique, sociale, environnementale ». La candidate s’applique à articuler, n’aime pas qu’on l’interrompe, bloque d’un coup quand on aborde ses goûts culturels. Elle regarde ses conseillers : « je ne sais pas si j’ai envie de répondre sur mes pratiques personnelles. Je ne veux pas d’exhibitionnisme. » On lui dit qu’elle accepte bien de poser dans Paris Match. « Les photos, c’est moins intime. Je suis candidate, ma parole a du poids. Je vais réfléchir. » Elle se lève. Ne demande pas de relire ses déclarations. Dans la rue, les lycéens, avec leurs téléphones portables, photographient son sourire.
 
Mercredi 7 février. 11 heures. Ségolène Royal, acte 3.
Elle devait réfléchir. On a rappelé pour obtenir par fax ses goûts culturels : « Ça arrive... On attend encore un renseignement de quelqu’un. » De la candidate ? Le fax, intitulé « Emission Télérama », dévoile une pratique savamment dosée : la candidate a écouté Bach, mais aussi Diam’s. Elle a lu Victor Hugo, mais aussi Fred Vargas. Vu un spectacle de hip-hop, mais aussi un opéra. Ne déteste aucun ­livre, aime « tout le cinéma français », ne télécharge pas de ­musique et ne détruirait aucun monument si on lui en donnait la possibilité : « La fonction d’un ­pré­­­­­­si­dent de la République, c’est de se por­ter garant de la protec­tion du ­patrimoine historique et ­culturel. »

 
 
 

Publié dans Politique

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Febronio 26/02/2007 16:44

Moi ça me rappelle la manière dont Strauss-Kahn s'est fait piéger sur canal avec le disque de Cauet (je crois que c'est de lui, "Zidane il a gagné", lolll). Pour ceux qui ne connaissent pas l'affaire, DSK, un des premiers invités de Laurence Ferrari sur canal, se laisse complaisamment suivre par une équipe télé pendant une journée. Tout se passe bien, jusqu'à un aparté avec un de ses conseillers com'. Manque de bol, DSK s'est isolé pour discuter dans la pièce où avait lieu une petite interview et où les micros n'avaient pas encore été débranchés... Voilà le résultat :http://www.dailymotion.com/visited/tag/Strauss-Kahn/search/DSK/video/xds37_dsk-piege-par-par-luimeme
P.S.: Qu'on ne m'accuse pas d'être de droite... Surtout pas !!!

zara 25/02/2007 11:41

la politique, pour moi,n est l'art de parler sans rien dire..;et bien, je vois que cette dame là excelle dans son art!