Premiers signes du printemps

Publié le par Isabelle

Tandis qu’à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars, qui rit malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.

 

Pour les petites pâquerettes

Sournoisement, lorsque tout dort,

Il repasse les collerettes

Et cisèle des boutons d’or.

 

Dans le verger et dans la vigne,

Il s’en va, furtif perruquier,

Avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l’amandier.

 

Tout en composant des solfèges,

Qu’aux merles il siffle à mi-voix,

Il sème aux prés les perce neige

Et les violettes aux bois.

 

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,

Il met la fraise au teint vermeil,

Il te tresse un chapeau de feuilles

Pour te garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite,

Et que son règne va finir,

Au seuil d’Avril tournant la tête,

Il dit " Printemps, tu peux venir ! "

 Théophile GAUTIER, Emaux et camées.

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Publié dans Billet d'humeur

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A
J'ai appris ce poème à l'école !!<br /> C'est très étonnant de le retrouver ...quelques années après !!
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