En route pour le Rhum!
Photo de groupe à un mois du grand départ.Ahhh Franck !!! C'est LE grand rendez-vous de la saison! Au cours d'une année où les événements nautiques d'importance n'auront guère été nombreux, hormis les traditionnels rendez-vous qu'ont constitué l'AG2R, la Solitaire du Figaro, le circuit des trimarans Orma (la Multi Cup), les Louis Vuitton Acts, le circuit Mini..., la Route du Rhum sera l'occasion à partir de mi-octobre jusqu'à l'arrivée un mois plus tard, de focaliser l'attention des médias sur un monde de la voile qui en a toujours autant besoin.
Et visiblement, cette huitième édition devrait faire parler d'elle, en raison des moyens consentis par les organisateurs pour l'ouvrir au grand public (bateau suiveur équipé de caméras sur toute la course, départ et arrivée en direct sur Internet...) avec le soutien financier d'un nouveau partenaire titre, La Banque Postale. Mais également au regard du nombre de participants qui s'élanceront au large de Saint-Malo le 29 octobre à 13h02 pour 3543 milles d'un parcours classique, avec notamment dans le final le tour de la Guadeloupe à effectuer en laissant l'île à bâbord, le passage dans le canal des Saintes avant une arrivée qui sera cette année jugée à Gosier devant le bien-nommé hôtel Créole Beach.
"Nous tenons conserver l'esprit d'origine tout en restant à l'écoute du plus grand nombre", a d'ailleurs résumé Roland Tresca, le PDG de Pen Duick, la société organisatrice, au moment de lancer la conférence de presse de présentation ce vendredi matin à Boulogne-Billancourt, avant de laisser la parole au maire de Saint-Malo, René Couanau, qui reprendra la même antienne, ajoutant que le départ de cette huitième édition serait l'occasion pour la ville d'honorer, à travers l'inauguration de deux plaques sur le môle, deux hommes qui ont marqué l'histoire de cette épreuve, son créateur Michel Etevenon et le navigateur Alain Colas. Rappelant que le premier estimait que Saint-Malo était "le cadre idéal pour la dramaturgie de la course", le premier édile malouin a conclu son propos en se délectant à l'avance de la fête à venir.
Même impatience chez le président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, décidé à "parfaire l'histoire d'amour" entre l'île-papillon et la transat en solitaire, non seulement en se mettant en quatre pour accueillir l'arrivée dans les meilleures conditions, mais également en soutenant quatre skippers locaux, dont Claude Thélier qui courra sur le trimaran Région Guadeloupe-Terre de passions, qui n'est autre que l'ancien Primagaz de Laurent Bourgnon, seul bateau (et marin) à avoir remporté le Rhum à deux reprises (1994 et 1998).
Une ligne de départ de 2 milles de long!
Restait à Jean Maurel, l'ancien skipper reconverti directeur de course, à entrer en détails dans l'organisation sportive de l'épreuve. Tous les bateaux seront tenus d'arriver à Saint-Malo avant le 20 octobre dernier carat, date à laquelle se tiendra un premier briefing à l'attention des quelques 80 skippers qui devront ensuite obligatoirement se trouver dans la cité corsaire à partir du mercredi 25. Trois bassins accueilleront les bateaux, le plus prestigieux, le Vauban, étant réservé pour les deux classes vedettes, Orma et Imoca. Au lendemain de la soirée de présentation officielle prévue le vendredi soir, auront lieu les premiers «désassages» (sorties du sas du port vers le large), les derniers à quitter leur bassin étant les monocoques Imoca le dimanche matin, peu avant le départ. Qui sera donné au large des remparts sur une ligne exceptionnellement longue (2 milles) et séparée en deux par le bateau comité avec dans la partie Nord les multicoques, dans la partie Sud les monocoques. Tous auront une bouée au Cap Fréhel à laisser à tribord avant un parcours libre vers la Guadeloupe.
Au total, ils seront donc environ 80 à s'élancer, beaucoup plus qu'en 2002 (58 partants), une participation record qui s'explique par l'émergence inattendue d'une nouvelle classe de monocoques de 40 pieds (Class 40) avec 28 solitaires inscrits, dont quelques têtes de liste loin d'être des inconnus dans le monde de la compétition (Dominic Vittet, Damien Grimont, Gildas Morvan, Joé Seeten, Benoît Parnaudeau, Patrice Carpentier...). "On ne l'avait pas imaginée comme ça, reconnaît d'ailleurs Jean Maurel, on n'avait même pas prévu de les classer! Mais cette classe est née d'une idée assez simple: naviguer au large sur des bateaux robustes, simples et relativement économiques. Avec au départ un plateau varié constitué d'amateurs que j'appellerais des gentleman's drivers et de l'autre des professionnels."
Desjoyeaux défend son titre pour sa dernière...
Reste que l'Orma et l'Imoca tiendront comme de coutume la vedette avec pour la première, qui avait sérieusement «dérouillé» dans la tempête de 2002 (3 bateaux sur 18 à l'arrivée) un plateau particulièrement homogène comprenant le tenant, Michel Desjoyeaux, qui disputera là sa dernière course sur son trimaran Géant avant de revenir au Vendée Globe, mais également les ténors de la classe que sont Franck Cammas (Groupama 2), Thomas Coville (Sodeb'O), Lionel Lemonchois (Gitana 11), Yvan Bourgnon (Brossard), Alain Gautier (Foncia), Pascal Bidégorry (Banque Populaire), Stève Ravussin (Orange Project)...
Pour ce qui concerne l'Imoca, la tenante, Ellen MacArthur, ne défendra pas son titre, son bateau si, il sera mené par Marc Guillemot sous le nom de Safran, un 60 pieds qui aura fort à faire face, déjà, aux bateaux de son âge (Roxy d'Anne Liardet, Brit Air d'Armel Le Cléac'h), mais surtout à ceux des générations 2002-04 (Artemis de Brian Thompson, Virbac-Paprec de Jean-Pierre Dick, VM Matériaux de Jean Le Cam et Sill et Veolia de Roland Jourdain) et 2006, avec trois unités récemment mises à l'eau, Temenos II (Dominique Wavre), Delta Dore (Jérémie Beyou) et PRB (Vincent Riou).
Bref, tout est réuni pour écrire une nouvelle pour écrire une nouvelle belle page de cette mythique Route du Rhum, vivement le 29 octobre!
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