Décès de Bernard RAPP

Publié le par Isabelle

Pour ceux qui comme moi vivent un peu "en dehors du monde qui les entoure", j'ai appris uniquement ce jour le décès de B.RAPP .
Un petit article dédié à la mémoire d'un homme qui me touchait particulièrement avec ce je-ne-sais-quoi de dandisme intello qui ne se la pète pas...
Particulièrement fan de ses films et notamment "Une affaire de goût" avec B.GIREAUDEAU: ce film qui raconte la relation perverse et cruelle entre un nanti et son goûteur, primé au Festival de Cognac et nommé cinq fois aux Césars,a remporté un franc succès .

Bon vent ....Bernard Rapp.

Elégant. Toute sa vie télévisuelle, c'est l'adjectif qui aura collé à la peau du journaliste et cinéaste Bernard Rapp, mort jeudi à l'âge de 61 ans. Un décès «des suites d'une longue maladie» annoncé dans le JT de 20 heures de France 2 hier soir, ce même JT qu'il présenta entre 1983 et 1987 quand la Deux s'appelait encore Antenne 2.

Bernard Rapp rejoint la chaîne publique en 1976 en tant que grand reporter avant de devenir correspondant à Londres. C'est sur fond de Big Ben et en plein thatchérisme triomphant que les téléspectateurs découvrent sa haute stature et sa célèbre minivague blonde. En 1983, Pierre Lescure, alors directeur de l'information d'Antenne 2, doit trouver un successeur à Patrick Poivre d'Arvor, parti bouder, car vexé de devoir partager le siège du 20 heures avec Christine Ockrent. «Je suis allé rencontrer Bernard Rapp à Londres, raconte Lescure à Libération,  et j'ai été immédiatement séduit. On cherchait quelqu'un qui ait cette simplicité et cette touch of class qu'avait Poivre pour faire le passage en douceur. Bernard Rapp avait un petit sourire ironique, pas dupe, un côté britannique. Très bon, précis, simple, clair et séduisant. Je vais utiliser une expression qu'on n'utilise plus beaucoup aujourd'hui : c'était un honnête homme.» Son JT se distingue par ses qualités d'écriture. Et l'audience ­ la Deux distance alors TF1 ­ est au beau fixe, même quand il est le premier à commettre ce crime de lèse-majesté cathodique : laisser tomber la cravate pour raconter le monde au téléspectateur.
En 1987, Bernard Rapp quitte le 20 heures mais pas le petit écran : de l'information, il passe à la culture. Cet anglophile acharné ­ à son actif un livre de voyage sur la Grande-Bretagne ainsi que Quality, objets d'en face , un ouvrage sur les objets mythiques d'outre-Manche ­ sert au téléspectateur sa fameuse Assiette anglaise , savoureux plum-pudding de chroniques culturelles (prononcer aujourd'hui talk-show), puis Tranche de cake et autres littéraires Caractères ou Jamais sans mon livre . On lui doit aussi Un siècle d'écrivains, la série de 257 documentaires sur les écrivains du XXe siècle diffusée sur France 3 . Puis il a fini par quitter la télé pour, disait-il avec malice, «l'envie de faire de la fiction» .

Publié dans L'information du Jour

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